Top 14

[XV Actu] Les défis concrets de Montauban pour sa nouvelle saison en Top 14

Un retour rêvé et très exigeant

Quinze ans après sa relégation administrative en 2010, l’US Montauban a renoué avec l’élite en remportant la finale de Pro D2 face à Grenoble (24-19) le 7 juin 2025. Seule équipe qualifiée en phase finale à la sixième place, Montauban a réalisé une performance historique en s’imposant à Ernest-Wallon grâce à un essai de Notshe, un autre de Quercy et l’efficacité au pied de Bosviel. Cette montée inattendue représente une renaissance sportive majeure, mais elle s’accompagne d’un retour brutal dans un environnement très concurrentiel. Le club, alors modeste et dépendant des petits sponsors, doit désormais rivaliser avec des poids lourds de l’élite malgré des ressources financières limitées.

Une préparation physique sur mesure et une ferveur populaire inédite

La préparation estivale de Montauban a été plus qu’intense : dès le 14 juillet, les joueurs ont repris au Ramierou avec un programme individualisé axé sur la vitesse, l’explosivité et la récupération, visant à combler l’écart entre Pro D2 et Top 14 (80 minutes en Pro D2 = 60 minutes en Top 14 à tolérer) . L’enthousiasme populaire a également battu des records : les abonnements pour la saison ont explosé, passant d’environ 800 à une cible initiale de 2 500, le tout dans un stade de 7 000 places déjà presque complet. Le club a clairement misé sur l’ambition : « On ne veut pas seulement se maintenir, on veut exister », répètent joueurs et staff. L’objectif est simple : pérenniser la présence de l’USM dans l’élite, voire battre son précédent record de quatre saisons consécutives en Top 14.

Des choix stratégiques pour durer

Conscient de ses limites budgétaires face aux géants du championnat comme le Stade Français, le Racing ou le LOU, Montauban a adopté une stratégie réaliste. Le staff a préservé la colonne vertébrale du groupe ayant réussi la montée, tout en limitant les recrutements aux profils renforçant l’âme du collectif. Sur le terrain, l’effort et l’humilité seront de mise : « On sait qu’on sera le petit, mais on n’a rien à perdre », affirme Thomas Fortunel, tandis qu’Yvan Reilhac rappelle qu’en Top 14, « il faut courir. Beaucoup. Ici, y’a pas de cachette dans les rucks ». Outre le championnat, l’USM devra aussi gérer un calendrier exigeant avec la Challenge Cup, priorité étant donnée au maintien en Top 14. Ce mélange d’ambition, de rigueur, de cohésion et de lucidité offre à Montauban une base solide pour surprendre, exister… et durer dans l’élite du rugby français.

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